Tapis en fausse fourrure
On le reconnaît pieds nus avant de le voir : la mèche cède sous le pas, puis se relève. Le tapis fausse fourrure imite un pelage sur un support textile ; sa mèche longue le range aussi parmi nos tapis à poils longs.
Sous la mèche d'une fausse fourrure, un tricot et non une peau
Une fourrure, au sens propre, est une peau d'animal garnie de ses poils. Elle en porte deux sortes : un duvet court et serré contre la peau, et par-dessus les poils de jarre, plus longs, qui donnent la couleur. Une fausse fourrure obtient le même aspect sans aucune peau. C'est une étoffe à poil : des mèches de fibres synthétiques, acrylique, modacrylique ou polyester selon les fabricants, prises dans un tricot qui sert de fond, que l'on double souvent d'un envers antidérapant quand l'étoffe devient tapis.
L'imitation est plus ancienne qu'on ne le croit. Les premières fausses fourrures, en 1929, étaient faites de poil d'alpaga ; l'acrylique ne l'a remplacé qu'au milieu des années 1950, et la matière d'aujourd'hui vient de là. Les imitations les plus convaincantes mêlent encore des fibres fines et des fibres plus grosses pour retrouver ce double étage, duvet dessous, jarre dessus. C'est ce mélange qui sépare une fausse fourrure qui a l'air d'une peluche d'une autre qui a l'air d'un pelage.
Névache choisit l'autre voie : une seule mèche, droite et souple, que sa fiche donne entre cinq et six centimètres, plus proche d'une toison peignée que d'un pelage de renard, et d'un blanc uni.
Fausse fourrure, peau de mouton, poil long : trois touchers, trois envers
Sur une photo, les trois se confondent. Sous la main et une fois retournés, plus du tout. La peau de mouton est un cuir tanné avec sa toison ; le poil long tufté est une moquette dont les boucles, piquées dans une toile puis coupées, sont tenues par une colle ; la fausse fourrure est le tricot décrit plus haut. Cette construction décide de tout le reste : du bord, du poids, et de ce qui finit par user le tapis.
| Fausse fourrure | Peau de mouton | Poil long tufté | |
|---|---|---|---|
| Sous la main | Mèche lisse et glissante, qui se couche d'un seul côté | Laine ondulée, élastique, qui rebondit sous la paume | Mèches plus raides, groupées en touffes qui se croisent |
| À l'envers | Des mailles, ou une doublure cousue ou collée par-dessus | Un cuir nu, souple, parfois daim | Une toile enduite, où l'on devine les rangs de piqûres |
| Le bord | Coupé où l'on veut : rectangle, rond, contour libre | Le contour de la bête, ou plusieurs peaux cousues | Net, tenu par une ganse cousue ou un surjet |
| Ce qui l'use | La chaleur et le frottement répété, qui feutrent la mèche | L'eau en profondeur, qui durcit le cuir en séchant | Les roulettes et la brosse rotative, qui arrachent les touffes |
| À choisir si | Vous voulez de grands formats et rien d'animal | Vous cherchez la laine et acceptez une petite surface | Le dessin ou la couleur comptent plus que la douceur |
La peau de mouton garde un avantage que le synthétique n'imite pas : sa laine absorbe près d'un tiers de son poids en humidité sans paraître mouillée, ce qui la rend agréable même pieds moites. Elle se paie en surface, une peau dépassant rarement la taille d'une descente de lit, et en entretien. La fausse fourrure, elle, se coupe dans un rouleau : c'est ce qui permet un 200 × 300 d'un seul tenant. Quant au poil long tufté, sa hauteur et sa densité se lisent autrement, et tout est détaillé avec nos tapis poil long. La peau de vache, poil ras sur cuir, est une autre famille encore.
Blanc, gris, beige : chaque couleur de fausse fourrure a sa pièce
Le tapis en fausse fourrure blanc est de loin le plus cherché, sans doute parce qu'il évoque la toison avant toute teinture. C'est aussi celui qui exige le plus d'aller pieds nus : une semelle laisse au fond d'une mèche blanche ce qu'un poil ras aurait gardé en surface, à portée d'aspirateur. Sa place est donc la chambre, au bord du lit, où personne n'entre chaussé. Les autres façons de poser du blanc au sol, du blanc franc à l'ivoire, se comparent parmi nos tapis blancs.
Le gris est la fausse fourrure la plus facile à vivre. Il se confond avec la poussière et avec le poil d'un chat tigré ; clair, il garde la pièce lumineuse ; foncé, il pose un aplat de pierre sous un lit en bois blond. Il prolonge naturellement les tapis gris d'un salon minéral. Le beige et le camel, enfin, sont les couleurs naturelles de la laine et des pelages : ce sont eux qui rendent une imitation crédible, surtout posée sur un parquet de chêne, et qui rejoignent nos tapis beiges. Une fausse fourrure se teint dans toutes les couleurs, du rose poudré au vert sauge ; plus la teinte s'éloigne d'un pelage, plus on y voit une matière plutôt qu'une bête.
La mèche déborde : comptez-la dans le format
Une fausse fourrure à mèche longue occupe plus de sol que son étiquette. Sur Névache, la mèche franchit le support sur les quatre côtés et finit au sol, sans ganse ni frange pour l'arrêter : le 120 × 170 se lit un peu plus grand, et ses bords viennent contre un pied de lit ou une plinthe sans tracer de ligne. C'est un avantage dans une chambre, où le tapis peut venir jusqu'au cadre du lit sans qu'on voie où il s'arrête.
L'autre règle tient au poids. Une fausse fourrure aime ce qui la frôle, pas ce qui pèse dessus. Un meuble lourd y laisse un creux que la mèche met des jours à combler, un pied qui pivote la tord sur place. D'où les trois poses ci-dessous : un fauteuil de lecture qui n'y pose que ses pieds avant, un tapis le long du lit dont la mèche seule glisse sous le cadre, et un tapis en travers au pied du lit, sous un banc assez léger pour ne pas marquer.
Pour un coin lecture ou le côté d'un lit de 140 ou 160, le tapis 120x170 suffit ; au pied d'un grand lit, un 140 × 200 ou un 160 × 230 mis en travers déborde de chaque côté du matelas. Névache existe du 120 × 170 au 200 × 300, et l'Arpentage vous le montre dans votre pièce, aux vraies dimensions, avant toute commande. Le transport jusqu'à votre porte est à nos frais : Suisse, Belgique, et toute la France métropolitaine. Et si, déroulée, la mèche mange plus de sol que prévu, rendez-nous le tapis dans un délai de quatorze jours : remboursement intégral, frais du renvoi à votre charge. Derrière une porte de chambre, vérifiez seulement qu'elle passe au-dessus de la mèche.
Ce qui use une fausse fourrure : la chaleur, puis le frottement
Les fibres d'une fausse fourrure sont des plastiques qui ramollissent à la chaleur. Le modacrylique, réputé pour les imitations les plus fines, se rétracte dès 121 °C et se raidit au-delà de 149 °C ; l'acrylique et le polyester tiennent un peu plus haut, mais la chaleur les déforme aussi. Une mèche qui a chauffé frisotte, durcit au bout et ne revient plus. C'est pourquoi on la tient loin d'un radiateur électrique ou d'un insert, qu'on ne la repasse jamais, qu'on oublie le sèche-linge et la vapeur, que nos fiches classent d'ailleurs parmi les gestes à éviter. Un sèche-cheveux réglé chaud, tenu près pour sécher une tache, suffit à abîmer une zone.
Le frottement fait le reste. Du côté du lit où vous posez le pied chaque matin, là où un pied de fauteuil tourne, les mèches se croisent et se soudent en petites plaques feutrées. Le remède est une brosse à picots métalliques souples, celle que l'on passe sur les chiens à poil long : à sec, légèrement, par petites zones, en tirant vers les pointes. Une tache se tamponne avec un chiffon blanc trempé dans de l'eau froide savonnée puis essoré, sans frotter ; on laisse ensuite sécher à plat, loin de toute source de chaleur, et on ne brosse que la mèche redevenue sèche, qui retrouve alors son gonflant.
Pour choisir, commencez par la pièce, puis la couleur, puis regardez chaque modèle de près : la photo prise au ras du sol montre la mèche mieux que la vue de dessus.
Sources
- Fourrure : peau garnie de ses poils, duvet et poil de jarre, Wikipédia
- Fake fur : étoffe à poil, alpaga en 1929, acrylique au milieu des années 1950, fibres fines et grosses mêlées, Wikipédia (en anglais)
- Modacrylic : rétraction à 121 °C, rigidité au-delà de 149 °C, pas de vapeur, feutrage, Wikipédia (en anglais)
- Sheepskin : peau tannée avec sa toison, humidité absorbée, Wikipédia (en anglais)
Questions fréquentes
Un tapis en fausse fourrure tient-il chaud ?
Sous le pied, oui. Les fibres synthétiques conduisent mal la chaleur et la mèche dense retient une couche d'air : sur un carrelage, l'écart se sent au premier pas. Cet effet dépend du gonflant. Une mèche écrasée ou feutrée en perd une bonne part, d'où l'intérêt de la brosser de temps en temps.
Comment être sûr qu'un tapis en fausse fourrure ne contient rien d'animal ?
Lisez l'étiquette d'abord : dans l'Union européenne, un textile qui contient des parties d'origine animale doit porter la mention « contient des parties non textiles d'origine animale ». Puis écartez la mèche jusqu'à la base. Vous devez voir des mailles ou une toile, pas une peau. Une épingle traverse un tricot sans effort, alors qu'elle bute sur un cuir.
Peut-on découper un tapis en fausse fourrure pour couvrir une chaise ou un banc ?
Oui, à condition de couper par l'envers. Tracez au dos, puis entaillez le support seul au cutter, sans ciseaux, et écartez les deux bords à la main : les mèches se séparent au lieu d'être tranchées, et la coupe reste invisible. Bordez ensuite d'un galon cousu dessous. Un tapis recoupé ne peut plus être retourné : décidez-vous une fois le délai de retour passé.
La fausse fourrure attire-t-elle les mites ?
Non. Les mites s'attaquent à la kératine de la laine et des poils, que les fibres synthétiques ne contiennent pas. Une peau de mouton rangée l'été, en revanche, demande un sac fermé et un coup d'œil de temps en temps. Une fausse fourrure se range roulée, mèche à l'intérieur, au sec et loin d'une source de chaleur.