Tapis moderne
Un salon prend un coup de vieux par le sol avant le canapé. Le tapis moderne le remet à l'heure sans toucher aux meubles : un neutre qui travaille la matière, une couleur franche ou un chic à faible contraste, jusqu'au 200 × 300.
Un salon se date par le sol plus que par le canapé
On remplace un canapé tous les dix ou quinze ans, des coussins à chaque saison. Le tapis, lui, suit souvent d'un déménagement à l'autre, ce qui explique qu'il trahisse l'âge d'un salon avant tout le reste. Ce qui date n'est presque jamais un style entier, mais une signature : une couleur que tout le monde a eue la même année, un motif reproduit jusque dans les enseignes de bricolage, un format qui ne correspond plus à la façon dont on s'assoit aujourd'hui.
Le schéma en relève cinq, une par décennie. Aucune n'est laide en soi ; elles ont été tant vues qu'elles signent une date à la place de la pièce. Rajeunir un salon par le tapis consiste donc moins à suivre la tendance suivante, qui datera à son tour, qu'à garder le principe et à retirer la signature : le confort du poil long sans l'orange, le dessin d'Orient sans le rouge vif, le graphisme sans le contraste maximal.
Une signature traverse toutes les décennies : le tapis trop petit, qui flotte au milieu de la pièce sans toucher un seul meuble. Il vieillit un salon plus sûrement qu'un motif. Le salon d'aujourd'hui se compose autour d'un tapis qui passe sous les pieds avant du canapé ; les mesures sont détaillées avec les tapis de salon, et l'Arpentage déroule le modèle retenu sur le plan de votre salon, cotes comprises, avant la commande.
Neutre, coloré ou chic : trois façons d'être moderne au salon
Sur un tapis de salon, « moderne » ne désigne pas un motif. Le mot recouvre un dessin libéré de la bordure et du médaillon, une palette resserrée, et surtout une autre manière de tenir compagnie au reste de la pièce. Trois familles s'en partagent l'essentiel, et chacune réclame quelque chose de ce qui l'entoure.
Le moderne neutre travaille par la matière
Un tapis neutre n'a pas le droit d'être plat. Sans couleur pour le porter, il tient par un relief, un écart de ton ou un poil qui joue avec le jour ; sinon, il ressemble à une moquette découpée. Aubrac le montre : terre d'ombre, taupe et sable, des cernes qui s'écartent autour d'un seul œil ovale, et une unique note froide, quelques arcs gris bleuté posés sur le brun. Névache pousse le dépouillement plus loin, un blanc d'un seul ton dont toute la nuance vient du sens où se couchent les mèches. Ces tapis demandent un canapé qui ose un peu plus qu'eux. Pour trouver le beige qui va à votre canapé, voyez les tapis beiges ; pour un salon plus minéral, regardez les tapis gris.
Le moderne coloré tient en une couleur
Le tapis coloré moderne n'empile pas les teintes : il en choisit une et la pousse loin. Guillestre part d'un vert sapin qui s'assombrit à la racine et s'éclaire en vert d'herbe à la pointe des mèches, sans le moindre dessin. Un tapis de cette intensité impose une règle simple, un seul écho de sa couleur ailleurs dans la pièce : une plante, un coussin, le dos d'un livre. Répété sur les rideaux et le plaid, le vert cesse d'être un parti pris pour devenir un thème, et c'est le thème qui date. Les tapis verts poursuivent cette idée ; quand vous voulez plusieurs couleurs à la fois, la méthode change, et elle est décrite avec les tapis multicolores.
Le moderne chic se joue à faible contraste
« Moderne chic » est une recherche fréquente et une promesse souvent creuse. Concrètement, un tapis chic tient à des choses qu'on peut vérifier sur une photo : des tons proches les uns des autres, une surface qui accroche la lumière, une seule note sombre ou froide pour tenir l'ensemble. Bagatelle en donne une version florale : trois magnolias trop grands pour le format, crème, sable et bleu d'ardoise, sans aucun cerne noir, sur une trame tissée à plat. Le floral y reste moderne parce qu'il est agrandi jusqu'à devenir une composition ; les fleurs dessinées à l'ancienne sont réunies avec les tapis à fleurs. Le chic se rate partout de la même façon, en ajoutant du brillant sur le brillant : laiton, velours, verre fumé et tapis à reflets dans la même vue.
| Neutre | Coloré | Chic | |
|---|---|---|---|
| Le canapé | Il peut oser : une couleur, un velours côtelé, un cuir | Uni et calme, plus clair ou plus sombre que le tapis | Dans la même famille de tons, une matière qui tranche |
| Les murs | Une teinte, un tableau, une bibliothèque pleine : le relief vient d'eux | Blanc chaud, lin, gris clair | Sourds, mats, jamais blanc froid |
| Coussins et rideaux | Libres, ce sont eux qui colorent | Un seul écho de la couleur du tapis | Une note sombre ou métal, pas deux |
| La lumière | Rasante, pour faire lever le relief | Douce le soir : une couleur saturée durcit sous un plafonnier | Plusieurs points bas, lampes et appliques |
| Ce qui le fait rater | Un salon tout beige, où plus rien ne se détache | La même couleur reprise partout | Le brillant posé sur le brillant |
Un tapis moderne sous des meubles anciens
Le mélange a des précédents officiels. En 1971, Claude et Georges Pompidou choisissent le designer Pierre Paulin pour réaménager les appartements privés de l'Élysée, un palais du XVIIIe siècle ; François Mitterrand fera de nouveau appel à lui en 1984 pour son bureau, rappelle le Centre Pompidou. Le Mobilier national, qui meuble les palais de la République, fait d'ailleurs tisser par ses manufactures des œuvres d'artistes vivants à côté de ses collections anciennes, selon le ministère de la Culture. Le contraste d'époques n'a rien d'une audace : c'est un usage.
Chez soi, la règle tient en une idée : le tapis moderne apporte ce que les meubles anciens n'ont pas. Un buffet de ferme ou une armoire en chêne foncé pèsent dans la pièce : un tapis clair à grands aplats les allège, là où un fond sombre les alourdirait encore. Des pieds galbés, des moulures, un fauteuil cabriolet multiplient les petites courbes : un dessin sans bordure, fait d'une ou deux grandes formes, laisse ces détails se voir au lieu de leur répondre par d'autres détails. Une bordure, à l'inverse, reprend la logique du cadre et du panneau des meubles d'époque, et rapproche le tapis de leur siècle plutôt que du vôtre.
Reste à relier les deux époques, et c'est le bois qui s'en charge. Cherchez dans le tapis une teinte voisine de celle des meubles, un brun de noyer, un miel de chêne ciré : un seul fil commun suffit pour que l'ensemble paraisse voulu. Le sol compte autant. Sur des tomettes ou des dalles de pierre, déjà riches en joints et en nuances, prenez un motif à grande échelle ou pas de motif du tout, car deux dessins serrés l'un sur l'autre se brouillent. Sur un vieux parquet, le tapis peut au contraire porter un dessin plus marqué, puisque le bois redevient uni dès qu'on recule. Et si vous préférez l'inverse, un dessin ancien au milieu de meubles récents, ce sont les tapis persans qu'il faut regarder.
Ce que la collection propose, du toucher au prix
Les tapis modernes d'intérieur existent en six formats rectangulaires, du 120 × 170 au 200 × 300 ; en 160 × 230, ils vont de 199 à 459 €. Leur composition diffère d'un modèle à l'autre et figure sur chaque fiche. Aubrac appartient à la gamme « effet cachemire », un velours ras et dense de microfibre 100 % polyester, sur un envers de jute tissé et de latex : il en a la main, pas la fibre. Guillestre porte un poil long à reflet effet soie ; Névache a l'aspect d'une fausse fourrure, avec des mèches de cinq à six centimètres ; Bagatelle est tissé à plat. Au salon, le poil ras reste le plus simple à vivre sous une table basse et des pieds de chaise ; les modèles à mèches longues sont aussi réunis avec les tapis à poils longs.
Le moderne sort aussi du salon. Bormes, deux épingles blanches nez à nez sur un fond noir, est un tapis d'extérieur qui se retourne pour inverser ses couleurs ; il a ses propres formats, dès 69 € en 120 × 183, et sa place parmi les tapis d'extérieur. Pour élargir le choix, les tapis design réunissent les compositions les plus affirmées et les tapis géométriques les lignes et les figures. L'envoi ne vous coûte rien. Et si le tapis, une fois au sol, rajeunit la pièce moins que prévu, quatorze jours sont laissés pour le retourner : le remboursement est intégral, seul l'envoi du colis de retour vous incombe.
Avant de parcourir la grille, regardez votre salon depuis la porte et repérez ce qui le date : c'est cette signature-là que le prochain tapis doit remplacer.
Questions fréquentes
Tapis moderne : uni ou à motif ?
Regardez d'abord le canapé. Uni et clair, il supporte un motif, qui donnera au salon son point d'accroche. Déjà marqué par une couleur forte ou un tissu à motif, il appelle un uni en relief ou un dessin ton sur ton. Motif au canapé et motif au sol ne cohabitent que si l'un est nettement plus grand que l'autre.
Peut-on garder un tapis ancien dans la pièce voisine ?
Oui, et c'est souvent ce qui rend le salon moderne crédible. Un tapis d'Orient dans l'entrée ou sous la table à manger, un tapis moderne au salon : reliez-les par une couleur commune, jamais par le motif. S'ils se voient d'un même point, laissez une large bande de sol nu entre les deux pour qu'ils ne se touchent pas.
Faut-il assortir le tapis aux coussins et aux rideaux ?
Reprenez-le une fois, pas davantage. Une teinte du tapis répétée sur un coussin relie les deux ; la même teinte sur les coussins, les rideaux et le plaid fige la pièce, qui paraît achetée d'un seul coup dans un seul magasin. Les rideaux gagnent à rester dans la couleur des murs.
Combien coûte un tapis moderne ?
Dans cette collection, de 69 € pour Bormes, un tapis d'extérieur en 120 × 183, à 719 € pour Névache en 200 × 300. À l'intérieur, comptez de 199 à 459 € en 160 × 230. La livraison est comprise, vers la France métropolitaine, la Belgique ou la Suisse.