Tapis noir et blanc
Un visage dessiné à l'encre sur de l'ivoire, un labyrinthe blanc sur du charbon : sur un tapis noir et blanc, la part de noir décide de tout. Trois de nos huit modèles, des tapis d'extérieur, ont deux faces qui l'inversent.
Un tapis noir et blanc se lit d'abord par sa part de noir
Deux couleurs seulement, et pourtant aucun de nos tapis noir et blanc ne ressemble à un autre une fois posé. Ce qui les sépare se mesure : sur l'image vue d'en haut que montre chacune de nos fiches, nous avons compté quelle fraction du tapis est sombre. Elle va de 4 % pour Vallauris à 85 % pour Estérel. Entre ces deux chiffres, le tapis change de nature, parce que l'œil ne lit jamais deux tons à égalité : il en prend un pour le fond et regarde l'autre comme un dessin. Le psychologue danois Edgar Rubin a décrit ce partage entre figure et fond en 1915, dans une thèse bâtie sur des formes noires sur blanc et blanches sur noir.
Sous 15 % de noir, le blanc fait le fond et le noir dessine. Vallauris ne pose qu'un profil tracé à l'encre, Skoura un treillis de losanges, Tazenakht trois spirales carrées entre deux lignes. Dans la pièce, ce sont des tapis blancs qui portent un trait : ils éclairent le sol à la manière d'un tapis blanc et donnent au regard une ligne à suivre. Au-delà de 60 %, les rôles s'inversent. Le noir devient la surface et le blanc un tracé lumineux : Bormes, Sanary, Ramatuelle et Estérel se lisent comme des tapis sombres, qui posent une masse au sol et cadrent les meubles. Un fond sans aucun tracé clair relève, lui, du tapis noir.
Entre les deux, aucun ton ne l'emporte : le noir et blanc atteint là son effet le plus graphique. Le centre de Cadouin est noir pour moitié, case contre case : l'œil passe sans cesse d'un ton à l'autre et le sol paraît vibrer. Sa large bordure ivoire ramène l'ensemble à 36 % de noir, assez pour le calmer. Ce quadrillage est traité à part, avec les tapis damier.
Où tombe le noir compte autant que sa quantité
Tazenakht et Skoura portent tous deux peu de noir, 10 et 5 %, et ne se comportent pas du tout de la même façon sous les meubles. Chez Tazenakht, tout le noir tient dans une bande au milieu du tapis : une table basse posée dessus en cache une bonne partie, et le tapis redevient presque uni. Les lignes de Skoura couvrent au contraire toute la surface, si bien qu'il en reste toujours assez autour d'un canapé ou d'un lit pour que le losange se devine. Vallauris pousse le décentrement plus loin : son profil sort du tapis par deux côtés et laisse un tiers de l'ivoire sans rien, et la table basse se pose sur ce tiers. L'Arpentage vous montre, à la vraie taille de votre séjour, où ce profil viendra se placer. Pour le reste, la position du tapis devant le canapé suit les règles des tapis de salon.
Retourné, le même tapis change de camp
Trois modèles de la collection sont tissés à plat et ont deux faces : le même dessin y existe en positif et en négatif. En les retournant, on ne change pas seulement de couleur dominante, on change de lecture. Sur la face sombre de Bormes, quatorze bandes blanches font demi-tour autour de deux noyaux noirs ; de l'autre côté, ce sont des épingles noires sur un écru, et l'on croit voir un autre tapis.
Sur Bormes, le dessin couvre à peu près la même surface d'un côté et de l'autre, autour de 38 %. Pourtant, le tracé blanc sur noir paraît plus large que le même tracé noir sur blanc. C'est l'irradiation : une surface claire semble plus grande qu'une surface sombre de même taille, en partie parce que la lumière se diffuse à l'intérieur de l'œil. Galilée la signalait déjà en 1632. La face sombre a donc toujours l'air plus chargée que sa jumelle.
Le choix de la face se fait donc d'après ce qui l'entoure. La fiche de Bormes le résume : la face noire devant des fauteuils clairs, la face écrue sur un dallage sombre. Sur des lames de bois foncé, le côté clair détache le tapis du sol ; sur une dalle pâle ou du gravier blanc, le côté sombre le cadre. Sanary passe ainsi de 72 à 29 % de noir, Estérel de 85 à 20 %, le plus grand écart de la collection. Avec Ramatuelle, dont la fiche ne montre qu'une face, ce sont nos quatre modèles faits pour le dehors ; ce qu'ils y supportent est expliqué avec nos tapis d'extérieur.
Avec du gris ou une seule couleur, le contraste se règle
Aucun de nos tapis noir et blanc n'oppose un noir pur à un blanc pur. Relevés sur les mêmes vues, les blancs vont de l'ivoire presque neutre de Vallauris au crème franc de Cadouin, et les noirs, du noir profond de Sanary au charbon de Cadouin, qui tire sur le brun. Ce dernier est le plus doux des huit, et il glisse un troisième ton : sa rangée de cases extérieure passe au gris de cendre avant la bordure. Le gris sert de palier : le regard ne saute plus directement du noir au blanc. Pour un tapis noir, blanc et gris dans une pièce déjà chargée, c'est la piste la plus sûre. La hauteur du poil joue le même rôle. Sur le velours haut de Skoura, la ligne noire s'enfonce dans la fibre et s'adoucit, comme sur nos tapis à poils longs, quand le poil ras de Vallauris ou de Tazenakht garde un bord net. Les gris eux-mêmes, du perle à l'anthracite, sont détaillés avec nos tapis gris.
Une couleur d'accent trouve toujours sa place à côté d'un noir et blanc, à condition de rester seule. Elle ressort d'autant mieux que sa clarté s'éloigne de celle du fond : un jaune ocre ou un terracotta brillent près d'un fond sombre comme Estérel, un vert bouteille ou un bleu marine près d'un fond blanc comme Vallauris. Un seul objet passe pour un hasard ; répétez la teinte deux fois, un coussin et un vase, une affiche et un plaid, pour qu'elle paraisse choisie. Le bois compte déjà comme une couleur : sur un parquet de chêne, un tapis noir et blanc a souvent toute la chaleur qu'il lui faut.
Huit modèles, du salon à la terrasse
À l'intérieur, Cadouin, Vallauris et Tazenakht sont en microfibre polyester imprimée, à poil ras, et Skoura est tufté à poil long. Chacun existe en six formats, jusqu'au tapis 200x300, et les prix vont de 179 € (Vallauris en 120 × 170) à 679 € (Cadouin en 200 × 300). Skoura et Tazenakht reprennent le losange et la ligne brisée du tapis berbère, Vallauris appartient aux compositions des tapis design, et sept des huit figurent aussi parmi nos tapis géométriques. Aucun n'est à rayures : les bandes alternées sont réunies avec les tapis rayés. Dehors, les quatre modèles tissés à plat commencent à 39 € pour Sanary en 90 × 150 et montent à 569 € pour Estérel en 200 × 300, chacun dans ses propres formats.
Nous expédions sans frais de port. Et si, une fois déroulé chez vous, le noir prend trop de place ou pas assez, renvoyez le tapis sous 14 jours : nous remboursons la totalité du prix payé, hors le transport du retour, qui vous revient. Dans la grille, regardez d'abord la couleur du fond de chaque vignette : c'est elle que vous verrez en entrant dans la pièce.
Questions fréquentes
Un tapis noir et blanc fait-il paraître une pièce plus petite ?
Pas s'il est à dominante blanche. Vallauris ou Tazenakht, à 10 % de noir ou moins, gardent le sol clair : on remarque leur tracé, pas leurs bords. Un fond sombre comme Estérel dessine au contraire un rectangle net, que l'on voit avant le reste. Dans une petite chambre ou un bureau, préférez le premier ; le second a besoin d'un grand séjour ou d'une terrasse.
Sur un parquet, quel tapis noir et blanc choisir ?
Regardez d'abord son blanc. Sur un chêne miel, un blanc neutre comme celui de Vallauris ou de Tazenakht paraît plus froid encore, et l'ensemble prend un air graphique. Le crème et le charbon brun de Cadouin prolongent au contraire la chaleur du bois. Sur un parquet foncé, noyer ou wengé, c'est le blanc qui fait le contraste : prenez un modèle où il domine.
Comment nettoyer un tapis noir et blanc sans abîmer le contraste ?
Sans eau de Javel ni détachant à l'oxygène : ce qui blanchit le blanc décolore aussi le noir, et laisse un halo pâle là où vous avez insisté. Épongez avec un chiffon clair humecté d'eau froide, en allant du bord de la tache vers son centre pour ne pas étirer le noir sur le blanc. Pour Cadouin, Vallauris et Tazenakht, la fiche de la gamme recommande l'aspirateur sans brosse rotative et le nettoyage à sec.
Combien coûte un tapis noir et blanc ?
De 39 € (Sanary en 90 × 150, pour la terrasse) à 679 € (Cadouin en 200 × 300). Pour un 160 × 230, comptez 279 € pour Vallauris, 299 € pour Skoura, 329 € pour Tazenakht et 439 € pour Cadouin ; côté terrasse, 359 € pour Ramatuelle et 369 € pour Estérel. Le port est inclus dans ces prix.