Tapis rayé
Un filet d'un centimètre et une bande de quarante ne font pas le même sol : sur un tapis rayé, la largeur des bandes compte avant leurs couleurs. Nos six modèles vont du filet imprimé à la bande tissée, jusqu'au tapis d'extérieur ondulé.
La largeur des bandes fait le tapis rayé
Une rayure n'est qu'une bande qui tranche sur son fond, et pourtant la même alternance de deux couleurs change de nature avec sa largeur. Très fine, elle cesse d'être un dessin pour devenir une trame, un gris chiné à la manière du mille-raies des tissus d'ameublement. Autour de quelques centimètres, c'est une vraie rayure, que l'on suit du regard d'un bord à l'autre. Passé une dizaine de centimètres, on parle plutôt de bandes, et le tapis se lit en blocs de couleur que l'on compte. Plus la bande est large, moins il en tient sur le tapis, et plus chacune pèse : sur un 160 × 230, des bandes de 40 cm n'en laissent que cinq ou six. L'Arpentage pose Qasim à l'échelle de votre pièce : comptez les bandes que l'on voit encore depuis le canapé.
La régularité vient ensuite. Une rayure égale, même largeur et même écart d'un bout à l'autre, se lit comme un rythme et calme une pièce déjà chargée. Une rayure inégale, où chaque bande a sa largeur et souvent sa couleur, porte un nom en textile, la bayadère : elle anime le sol sans rien qui se répète. Pour situer nos six modèles, nous avons mesuré leurs bandes sur la photo prise d'aplomb que montre chaque fiche, ramenée à 160 cm de large, puis les avons placées sur une même règle.
Vauban est le plus régulier : des filets mastic de 1,2 cm alternent avec 1,8 cm d'anthracite, sans dériver de plus de quelques millimètres sur toute la longueur de ses deux bandeaux. Guéret descend plus bas, avec des traits de 5 à 17 mm qui se serrent ou s'écartent d'un panneau à l'autre. Cadenet garde un filet de 1,6 cm, mais le courbe en arches, ce qui le range davantage du côté de la figure que de la rayure. À l'autre bout de la règle, Qasim enchaîne des bandes de 3 à 15 cm autour d'un champ central de 44 cm, toutes différentes : c'est la bayadère de la collection, en rouge brique, bleu marine et crème. Composer une pièce autour d'autant de couleurs se prépare avec nos tapis multicolores. Entre ces extrêmes, Porquerolles fait enfler puis pincer ses bandes de 2 à 6 cm, et Zagora espace de fins filets de 6 à 60 cm, avec cinq barres de couleur dans son tiers supérieur pour rompre la série.

En noir et blanc, une rayure trop fine se met à vibrer
Le noir et blanc pousse le contraste au plus haut, et c'est là que la largeur devient une question de confort. Les chercheurs qui étudient l'inconfort visuel l'ont mesuré : les images les plus pénibles à regarder sont des rayures régulières et très contrastées dont la finesse se situe entre 3 et 9 cycles par degré d'angle visuel. Vu du canapé ou depuis la porte, à deux ou trois mètres, cela correspond à des bandes de 2 à 9 mm environ. À cette finesse, un rayé noir et blanc scintille : les lignes paraissent trembler, se dédoubler, et l'œil fatigue vite.
Deux réglages suffisent à l'éviter. Le premier consiste à élargir la bande : passé un centimètre, on sort de la zone sensible, et à partir de trois ou quatre centimètres un rayé noir et blanc redevient une rayure franche, que l'on regarde sans gêne ; à dix centimètres et plus, il pose au sol une sorte d'architecture. Le second, à baisser le contraste. Un filet très fin ne gêne personne en ton sur ton, comme les traits froment sur crème de Guéret, que l'on retrouve parmi nos tapis beiges. Le plus contrasté de nos rayés reste Vauban, du mastic sur de l'anthracite plutôt que du blanc sur du noir, avec un filet de plus d'un centimètre : il garde le caractère graphique du bicolore sans scintiller, et rejoint nos tapis gris par son fond. La part de noir qu'il faut laisser dans un tapis bicolore, et ce qu'elle change à la pièce, se règle avec nos tapis noir et blanc ; quand la rayure se croise elle-même, elle devient un quadrillage, celui des tapis damier.
Bleu et blanc, la rayure marine se règle à deux pour un
La rayure bleu et blanc a un étalon, et il est écrit. Le décret du 27 mars 1858 qui fait entrer le tricot rayé dans la tenue des matelots de la Marine nationale en fixe la proportion : vingt et une rayures blanches, chacune deux fois plus large que les rayures bleu indigo, soit un centimètre de bleu pour deux de blanc. C'est cette dominante blanche qui rend la marinière légère, et la règle vaut au sol : un rayé bleu marine et blanc où le blanc l'emporte éclaire une chambre ou un séjour exposé au nord. Inversez la proportion, à la manière du maillot des marins russes, sombre à rayures blanches, et le même dessin assombrit la pièce et la resserre.
Dans la collection, le bleu prend deux visages. Porquerolles reprend le duo en bleu lagune et blanc, sur des rayures ondulées qui se resserrent en peigne contre un bord et s'élargissent vers l'autre ; tissé à plat et fait pour le dehors, il vit au bord d'une piscine ou sur une terrasse, dont les contraintes sont détaillées avec nos tapis d'extérieur. Qasim garde un bleu marine profond, mais le fait alterner avec le rouge brique et le crème : une rayure marine passée au kilim, plus chaude que maritime. Le choix du bleu lui-même, du canard au marine, et son comportement selon l'exposition de la pièce, sont traités avec nos tapis bleus.
Tissée ou imprimée, la rayure ne naît pas au même endroit
Sur un tissage plat, la rayure est faite du fil lui-même : on change la couleur de la trame, le fil qui va d'une lisière à l'autre, et une bande apparaît sur toute la largeur. D'où une règle que l'on vérifie sur presque tous les tapis tissés à plat : leurs bandes courent en travers, parallèles aux extrémités frangées, parce que c'est le sens de la trame. Le vocabulaire du tissage le dit aussi, puisqu'une bayadère y désigne justement des bandes formées dans ce sens. Qasim le montre bien : ses franges prolongent les fils de chaîne, sortis du tissage aux deux bouts courts, et toutes ses bandes leur sont parallèles. Une bande tissée garde la trace de sa fabrication. Son bord suit le passage des fils, en léger escalier, et peut onduler de quelques millimètres d'une lisière à l'autre : c'est le propre du tissage.
Une rayure imprimée est déposée à la surface du velours, une fois le tapis fait. Rien ne l'oblige à suivre la trame : elle part dans la longueur, en courbe ou en diagonale, et descend à une finesse qu'un tissage plat atteint difficilement. Le dos, lui, reste uni. Sur un poil court comme celui de nos tapis à poils ras, le bord imprimé reste net ; un poil long l'adoucirait.
| Tissée à plat | Imprimée | |
|---|---|---|
| La couleur | Dans le fil lui-même | À la surface du velours |
| Le sens des bandes | En travers, dans le sens de la trame | Libre : longueur, travers, courbe |
| Le bord de la bande | En léger escalier, peut onduler | Net, régulier |
| La finesse chez nous | Bandes de 2 à 45 cm | Filets dès 5 mm |
| Sous la main | Plat, sans velours | Velours ras |
| Nos modèles | Qasim (aspect chanvre), Porquerolles (extérieur) | Vauban, Guéret, Cadenet, Zagora |


Six rayés, du coin repas à la terrasse
Cinq de nos rayés vont à l'intérieur, dans six tailles, de 120 × 170 à 200 × 300. Guéret, Cadenet et Zagora sont imprimés sur un velours ras de microfibre polyester, Vauban sur un velours ras ; Qasim est tissé à plat, d'aspect chanvre, avec ses franges. Zagora range des chevrons terracotta en bandes sur un fond écru, dans l'esprit des tapis berbères, et son accord écru et rouille se prolonge avec nos tapis terracotta. Dans quel sens poser les bandes, en longueur ou en travers, et ce que chaque sens fait à la pièce : c'est expliqué avec nos tapis géométriques. Où faire tomber le bord face au canapé, ce sont nos tapis de salon qui le disent. En intérieur, les prix vont de 79 € (Cadenet en 120 × 170) à 809 € (Qasim en 200 × 300). Dehors, Porquerolles existe en sept formats, du 150 × 244 au 300 × 610, de 99 à 429 €.
Nous livrons sans frais. Une largeur de bande s'apprécie mieux au sol que sur une photo : si celle que vous recevez ne convient pas à la pièce, vous pouvez renvoyer le tapis pendant quatorze jours et récupérer l'intégralité de son prix, l'envoi retour restant à votre charge. Dans la grille, regardez d'abord combien de bandes tiennent sur chaque vignette : ce nombre dit, mieux que la couleur, ce que le tapis fera de votre sol.
Questions fréquentes
Comment aligner un tapis rayé avec les murs de la pièce ?
Les bandes trahissent le moindre écart : tourné de deux degrés seulement, un 160 × 230 se trouve 8 cm plus loin du mur à un bout qu'à l'autre, et chaque rayure le souligne. Mesurez la distance entre le bord du tapis et le mur le plus long aux deux extrémités, puis corrigez jusqu'à l'égalité. Si le canapé n'est pas parallèle au mur, calez plutôt les bandes sur sa façade : c'est elle que l'œil prend pour repère.
Quelle largeur de rayure choisir pour une petite pièce ?
Comptez les bandes plutôt que les centimètres. Un tapis se lit comme rayé tant qu'il en porte une dizaine au moins sur sa longueur ; en dessous, il se lit en aplats. Sur un 120 × 170, cela veut dire des bandes de 15 cm au plus. Pour une chambre d'amis ou un coin de travail, les filets de Vauban ou de Guéret donnent un rythme sans découper le sol en morceaux.
Un tapis rayé va-t-il sur un parquet à lames droites ?
Volontiers, tant que le tapis n'imite pas le parquet. Des lames de 12 à 20 cm dessinent déjà des lignes au sol : un tapis à bandes de même largeur, posé dans le même sens, se confond avec elles. Choisissez des bandes nettement plus fines, comme les filets de Vauban, ou nettement plus larges, comme le champ central de Qasim, ou faites croiser les bandes et les lames.
Combien coûte un tapis rayé ?
En 160 × 230, comptez 159 € pour Cadenet, 209 € pour Guéret, 279 € pour Zagora, 429 € pour Vauban et 519 € pour Qasim. Porquerolles, pour l'extérieur, n'existe pas dans ce format : 149 € en 180 × 274. Le port est compris dans tous ces prix.