Tapis ethnique

Un losange en escalier, une frise de marches, des signes clairs sur la terre brune : le tapis ethnique emprunte sa grammaire aux textiles du monde entier. Notre sélection en garde la géométrie et les tons de terre, dans la famille des tapis géométriques.

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  • Tapis extérieur résistant à la pluie

    Tapis extérieur résistant à la pluie

    Bargème

    3 formats · jusqu’au 160 × 230

    À partir de €59,00

    • Gris et blanc

« Ethnique » ne nomme aucun peuple, et c'est pour cela qu'il sert

Le mot vient du grec ethnos, le peuple. En décoration, il n'en désigne aucun en particulier : le Wiktionnaire relève l'emploi d'« ethnique » pour ce qui appartient à un peuple non occidental, comme dans « musique ethnique », et c'est ce sens large que le commerce applique au tapis. Sous une même étiquette se rangent des styles qui ne se sont jamais croisés : des couvertures tissées dans le sud-ouest des États-Unis, des étoffes peintes à la boue au Mali, des nattes du Sahara. Le terme est discuté pour cette raison : les musées, eux, parlent de kente ghanéen ou de batik indonésien, et nomment chaque culture.

Pour l'acheteur, le mot reste pratique, à condition de savoir ce qu'il promet : un dessin géométrique, construit par répétition, et une palette tirée de la terre, ocre, brique, brun, écru, noir, avec parfois un jaune ou un indigo francs. Il ne dit rien de la fabrication ni de la provenance. Deux voisins se confondent souvent avec lui. Le bohème tient à l'agencement de la pièce plus qu'au tapis, avec ses fibres d'aspect naturel et ses tapis superposés : il a sa page avec nos tapis bohèmes. Le berbère, lui, désigne une famille précise de tapis amazighs du Maroc, dont l'histoire se lit avec nos tapis berbères. « Ethnique » est le plus large des trois, et le moins précis.

Six grammaires qu'on reconnaît à trois mètres

Un style se reconnaît avant qu'on puisse le décrire. Depuis la porte d'une pièce, on ne voit pas la trame, on voit une silhouette et deux ou trois couleurs. C'est ce premier coup d'œil que le schéma isole : chaque famille réduite à sa figure la plus reconnaissable, puis à sa palette.

Six grammaires qu'on reconnaît à trois mètresNavajoDe loin : Un losange en escalier quirayonne du centre vers les bordsAztèque, mésoaméricainDe loin : Une frise de marchesqui se referme en crochetBogolan (Mali)De loin : Des signes clairs, petits et serrés,sur un fond de terre bruneKente (Ghana, Togo)De loin : Des bandes étroites cousuescôte à côte, en damier de couleursKabyleDe loin : Des dents rouges et des losangesjaunes, en rangs, sur fond clairNatte touarègueDe loin : Des tiges fines et serrées, barréesde bandes de cuir à losanges
Six familles que le commerce range sous « ethnique », chacune réduite à sa signature et à sa palette. Ce sont des repères de lecture, pas des relevés de pièces anciennes.

Navajo et aztèque : la marche d'escalier

Les deux familles partagent une forme, la marche, mais n'en font pas le même usage. Le tapis navajo, tissé par les Navajos de la région des Four Corners, pose un losange dont chaque bord descend en escalier, souvent emboîté dans d'autres jusqu'à vibrer. Cette vibration a un nom : Eye Dazzler, « qui éblouit l'œil ». Elle naît dans les années 1880, quand le chemin de fer apporte aux tisserandes des fils industriels teints à l'aniline, les fils Germantown, et avec eux des couleurs plus vives et plus nombreuses.

Ce que l'on appelle « aztèque » dans les boutiques est plus large que les Aztèques : c'est le vocabulaire de toute la Mésoamérique, du Mexique central à Oaxaca. Sa signature est une frise de marches qui finit en crochet, le xicalcoliuhqui, qu'on retrouve sur les poteries, les codex et les façades de pierre. Là où le navajo rayonne depuis un centre, l'aztèque court en bande, d'un bord à l'autre.

Kente, bogolan, kuba : trois textiles africains, trois logiques

« Tapis africain » est l'étiquette la plus trompeuse du rayon, parce qu'elle couvre un continent. Les dessins que le tapis reprend viennent surtout de trois étoffes qui n'ont rien en commun, sinon d'avoir été portées avant d'être posées au sol. Le kente des Ashanti et des Ewe, au Ghana et au Togo, assemble de longues bandes étroites, cousues bord à bord, où les blocs de couleur se répondent en damier ; le musée du quai Branly le cite parmi les textiles qui sont des signes d'identité culturelle. Le bogolan du Mali, dont le nom bambara veut dire « issu de la terre », est une toile de coton peinte à la boue fermentée : des signes clairs, petits et serrés, sur un fond brun, noir ou beige. Le velours de raphia des Kuba, au Congo, enchevêtre des lignes brisées qui ne se répètent jamais tout à fait.

Sur un tapis, les deux premières se lisent sans peine : des bandes de couleurs vives pour le kente, un semis de petits signes sur fond sombre pour le bogolan. Une « natte africaine », qu'on cherche aussi beaucoup, est encore autre chose : un tressage plat et léger, d'abord végétal, aujourd'hui souvent en plastique tressé.

Kabyle et touareg : la couleur franche et la fibre ramassée

Le tissage kabyle, en Algérie, est amazigh comme le berbère du Maroc, mais il ne joue pas la retenue de l'ivoire et du charbon. Il aligne des triangles et des losanges en rangs serrés, rouge, jaune, noir, sur un fond clair, et c'est souvent lui que l'on a en tête quand on cherche un tapis ethnique coloré. La natte touarègue part d'une autre matière : des tiges fines, liées serré par des lanières de cuir teint qui y dessinent des bandes de losanges. Dans la tente, elle couvre le sol ou se dresse en paroi. Son dessin est le plus sobre des six, et le plus facile à vivre dans un salon actuel.

Ce que nos tapis ethniques empruntent

Ils empruntent un dessin et une palette, rien d'autre. Ce sont des tapis de style, imprimés ou tissés à plat, qui citent ces grammaires sans les reproduire pièce pour pièce : chaque exemplaire porte exactement le dessin photographié sur la fiche. Les motifs se rangent en bandes ou autour d'un losange central, dans les tons de terre, de gris et d'écru qui vont avec le reste d'une maison.

Tapis ethnique Bargème vu de dessus, bandes de losanges emboîtés, de triangles et de perles, gris sur écru
Bargème vu de dessus : le dessin se range en bandes qui prennent toute la largeur.
Tapis ethnique d'extérieur Bargème posé sur une pelouse sous une table basse en bois et des poufs tressés
Dehors, sous une table basse : le gris et l'écru laissent la couleur aux coussins.

Le premier modèle en ligne, Bargème, le montre bien. Son dessin ne traverse jamais le tapis : il s'organise en bandes, de grands losanges emboîtés par trois autour d'un carré denté, des files de triangles, des rangs de perles, comme une bande kabyle passée au gris. Deux tons seulement, un gris de galet et un écru. C'est un tissage plat conçu pour l'extérieur, qui rejoint nos tapis d'extérieur et, par sa teinte, nos tapis gris.

Le motif se choisit selon la distance d'où on le regarde

Le schéma plus haut a un usage pratique. Un petit motif se fond en texture dès qu'on s'éloigne, un grand se lit depuis le seuil. Dans une entrée ou au bout d'un couloir, qu'on voit en passant, un grand losange navajo ou une bande kabyle tient la pièce. Au salon, où l'on regarde le tapis assis, à un mètre et demi, les bandes et les frises moyennes gardent leur dessin sans fatiguer l'œil ; le format et la place sous le canapé se règlent comme pour nos tapis de salon. Dans une chambre, que l'on traverse pieds nus et que l'on voit de près, le semis serré d'un bogolan suffit.

La palette suit la même logique. Les tons de terre d'un tapis ethnique, brique et ocre en tête, se prolongent dans nos tapis terracotta ; quand le motif mêle cinq ou six couleurs vives, la façon de composer la pièce autour se lit avec nos tapis multicolores. Et pour voir le dessin à sa vraie taille avant de commander, l'Arpentage pose Bargème à l'échelle de votre pièce.

Le port vous est offert, en France métropolitaine mais aussi vers la Belgique et la Suisse. Et si, une fois à plat dans la pièce, le losange ne vous parle plus, il se rend dans les 14 jours : le prix payé vous revient en entier, et seule l'expédition de ce retour se règle de votre poche.

La grille au-dessus réunit les modèles en ligne. Regardez-les d'abord en petit, comme on les verrait de la porte : c'est la silhouette qui dira à quelle famille ils appartiennent.

Questions fréquentes

Quelle différence entre un tapis navajo et un kilim ?

Tous deux sont des tissages plats, sans poil, où les fils de trame portent seuls le dessin. Mais le tissage navajo n'utilise pas les fentes qui séparent les couleurs d'un kilim, et sa chaîne est un fil continu qui ne dépasse pas aux extrémités : un navajo n'a pas de franges. À la fin du XIXᵉ siècle, des marchands ont poussé les tisserandes navajos à reprendre des motifs de kilim, ce qui explique les ressemblances de dessin.

Que signifient les motifs d'un tapis ethnique ?

Souvent, personne ne peut le dire avec certitude. La frise à crochet mésoaméricaine a été lue comme l'eau, le nuage, l'éclair ou le serpent, sans qu'aucune lecture ne fasse consensus. Sur un bogolan, le dessin signale plutôt un village ou la femme qui l'a peint. Un tapis de style reprend la forme, pas le message : mieux vaut le choisir pour son dessin que pour une signification qu'on lui prête.

Tapis ethnique, tribal, « du monde » : est-ce la même chose ?

Dans les catalogues, oui : ces trois mots désignent les mêmes motifs géométriques et les mêmes tons de terre. « Tribal » insiste sur la répétition des figures, « du monde » évite de nommer une origine, « ethnique » reste le plus cherché. Aucun des trois ne renseigne sur la fabrication : pour cela, la fiche d'un tapis, technique et matière, en dit plus que son étiquette.

Un tapis ethnique s'accorde-t-il avec un intérieur moderne ?

Oui, à condition qu'il soit le seul dessin fort de la pièce. Sur un sol uni, avec des murs clairs et des meubles aux lignes simples, un losange navajo ou une bande de kente fait office de point focal. Les versions en deux tons, gris et écru, beige et brun, s'effacent davantage et laissent la place à un canapé de couleur ou à des coussins imprimés.