Tapis persan
Un médaillon au centre, un quart de médaillon dans chaque angle, des bordures qui s'emboîtent : le tapis persan suit un plan que l'œil apprend vite. Nos huit modèles de style persan le reprennent, du bleu nuit de Suse au champ blond de Bichapour.
Un tapis persan se lit du centre vers les bords
Au Victoria and Albert Museum, à Londres, un tapis de plus de dix mètres de long porte une date : 1539-1540. Commandé par le chah Tahmasp pour le sanctuaire de son ancêtre, à Ardabil, il pose sur un fond bleu sombre un médaillon jaune entouré de seize ovales, deux lampes suspendues, et dans chaque angle, un quart exact du médaillon central. Une inscription le signe : « l'œuvre d'un serviteur de la cour, Maqsud de Kashan ». Près de cinq siècles plus tard, c'est toujours le plan que suivent la plupart des tapis persans à médaillon.
Ce plan a un vocabulaire, et il tient en cinq mots. Le champ est le fond, la grande surface intérieure. Le médaillon l'occupe au centre : rond, ogival, étoilé ou polygonal, souvent prolongé en haut et en bas par deux pendentifs. Les écoinçons ferment les angles du champ, et reprennent en général un morceau du médaillon. Autour, la bordure principale, la plus large, est tenue entre des bordures secondaires plus étroites, où court souvent une simple tige qui serpente.
Un détail sépare un dessin composé pour son format d'un dessin simplement découpé : les angles de la bordure. Quand le motif tourne le coin sans être tranché, le dessinateur a calculé sa longueur au centimètre. Sur beaucoup de tapis de village ou de nomades, il bute contre l'angle et repart : le tisserand ajustait en chemin.
Hérati et boteh, les deux motifs qui reviennent partout
Le hérati, du nom de la ville de Hérat, est une rosace enfermée dans un losange, répétée sur tout le champ jusqu'à former un treillis serré. De loin, il donne un grain régulier ; de près, chaque losange se détache. Le boteh a la forme d'une goutte dont la pointe se recourbe. On y a vu une amande, une pomme de pin, un cyprès. Parti de Perse, il est arrivé en Europe au XVIIᵉ siècle sur les châles du Cachemire, puis la ville écossaise de Paisley en a tissé tant qu'il porte aujourd'hui son nom en anglais. En français, on dit motif cachemire.
Trois façons de remplir le champ
Le médaillon n'est pas la seule composition. Certains tapis couvrent tout le champ d'un même dessin, sans centre : c'est le semis, que les spécialistes appellent un décor « all-over ». D'autres le découpent en compartiments, carrés, rectangles ou losanges posés en rangs, chacun avec son motif. Nos huit modèles se répartissent entre les trois, et le tableau les lit avec ce vocabulaire.
| Modèle | Composition | Au centre | Bordure | Prix |
|---|---|---|---|---|
| Suse | médaillon | médaillon bleu nuit dentelé, rosace orange à huit pétales | bleu nuit à rosettes | 199 à 489 € |
| Ecbatane | médaillon | médaillon lobé, cœur rose, écoinçons brun foncé | ivoire, grandes palmes recourbées | 219 à 549 € |
| Ctésiphon | médaillon | médaillon lobé cerné d'arabesques turquoise, champ noir semé | chaîne de cartouches ovales | 229 à 589 € |
| Bichapour | médaillon, dessin de Heriz | étoile crantée ivoire, écoinçons en gradins | brune, fleurons ocre | 209 à 529 € |
| Apadana | médaillon | cartouche bordeaux à rosette en étoile, champ couvert de rinceaux | brun presque noir, corolles claires | 199 à 489 € |
| Hyrcanie | médaillon, tapis ovale | médaillon lobé, rosette camel | couronne de fleurs taupe, sans angle | 139 à 319 € |
| Pasargades | semis, sans médaillon | tiges fleuries d'un bord à l'autre, sur bleu marine | blanc bleuté à rosettes | 159 à 369 € |
| Persépolis | compartiments | panneaux rouges, bleus et crème, chacun son motif | aucune | 119 à 329 € |
Heriz, Tabriz, Ispahan, Ghoum : des villes devenues des noms de dessins
Un tapis persan prend le nom du lieu où il a été tissé. À force, ce nom a fini par désigner un dessin que l'on reconnaît sans connaître la carte. Heriz, au nord-ouest de l'Iran, signe de grands médaillons anguleux aux contours soulignés de blanc, entourés d'ornements tout aussi rectilignes. Ispahan renvoie aux ateliers de la cour safavide du XVIᵉ siècle, à leurs rinceaux floraux et à leurs rouges et bleus sombres. Kashan évoque un médaillon ogival sur un champ rouge ou ivoire. Tabriz dit moins un dessin qu'un savoir-faire de ville : ses ateliers reproduisent depuis des siècles tous les modèles, et ce sont eux qui ont relancé le tapis iranien vers 1885.
Ghoum est le plus jeune de ces noms : la production n'y prend son essor qu'au milieu du XXᵉ siècle, en soie, avec des médaillons très ornés sur des tons d'ivoire et de bleu clair. Le prix d'un Ghoum en soie se fixe à la densité de ses nœuds et à sa surface, ce qui le place dans la catégorie des objets de collection.
Dans la sélection, Bichapour est le seul à porter un nom de ville dans son titre. C'est un tapis persan heriz : son médaillon en étoile crantée s'ouvre en ivoire au milieu d'un champ blond où il n'y a rien d'autre que la trame, et ses écoinçons bruns montent vers les angles en gradins, comme taillés à l'équerre. Les sept autres portent des noms de capitales des empires perses, de Persépolis à Ctésiphon : des noms de lieux, pas de styles. « Tapis iranien » nomme une provenance, « style persan » un dessin, et c'est un dessin que désigne ici chaque nom de ville. Nos huit modèles sont de style persan, imprimés sur microfibre polyester pour la plupart ; Suse sort d'un métier jacquard, et Ecbatane est imprimé sur un tissu à l'aspect de la soie.
Champ clair ou champ sombre : le choix qui décide de tout le reste
Devant huit dessins chargés, on compare les motifs. C'est la couleur du champ qu'il faut regarder en premier, parce qu'elle décide de ce que l'on voit depuis la porte. Sur un champ clair, le médaillon se lit de loin : Hyrcanie et son ovale crème, Suse et son médaillon bleu nuit sur ivoire, Apadana et ses rinceaux sur un ivoire rosé, Bichapour sur son blond. Ce sont eux qui éclairent un parquet foncé ou une pièce peu lumineuse. Les accords de leurs tons sable sont détaillés avec nos tapis beiges et nos tapis marron.
Sur un champ sombre, le dessin se découvre de près. Ctésiphon, le plus contrasté, pose son médaillon turquoise et or sur un noir profond et rejoint nos tapis noirs. Ecbatane sème des fleurs crème et rose sur un brun chaud ; Pasargades fait la même chose sur un bleu marine presque noir. De loin, ces trois-là donnent une masse colorée ; c'est en s'approchant qu'on découvre leurs semis, ce qui leur va bien dans une chambre ou un bureau.
Si la recherche part d'une couleur, Persépolis est le seul à poser de grands aplats rouges, un brique adouci, parmi nos tapis rouges, et Ecbatane le seul à mettre du rose au cœur de son médaillon, avec nos tapis roses. Le bleu, lui, traverse quatre modèles, de Suse à Ctésiphon, et l'ensemble se compare avec nos tapis bleus. Leur semis de fleurs range aussi les huit parmi nos tapis à fleurs. Pour la famille plus large des dessins d'Orient, turcs ou caucasiens, voyez nos tapis orientaux ; pour un médaillon passé, à la couleur éteinte, nos tapis vintage.
Apadana et Pasargades passent en machine et figurent parmi nos tapis lavables. Les huit existent en six formats, du 120 × 170 au tapis 200x300, Hyrcanie en ovale. Un médaillon a besoin de place pour être vu entier : la règle de placement face au canapé est détaillée avec nos tapis de salon, celle du lit avec nos tapis de chambre, et l'Arpentage pose Suse à sa vraie taille dans les mesures de votre pièce. Vous ne payez pas la livraison ; un tapis qui ne trouve pas sa place se retourne sous 14 jours, sans frais retenus sur le remboursement, le renvoi restant à votre charge.
Remontez vers la grille et regardez d'abord leur vue de dessus : le médaillon, les écoinçons et la bordure s'y lisent d'un seul coup d'œil.
Questions fréquentes
Tapis persan ou tapis perse : quelle différence ?
Aucune pour l'objet, qui est le même tapis. « Perse » est l'ancien adjectif, celui des Perses et des empires perses ; « persan » s'est imposé pour la langue et la culture de l'Iran musulman. Nos modèles jouent sur les deux : ils sont de style persan, et portent des noms de capitales des empires perses.
Comment reconnaître un vrai tapis persan ?
Commencez par les franges : sur une pièce nouée, ce sont les fils de chaîne qui dépassent du tissage, pas un galon cousu après coup. Comptez ensuite les nœuds au dos, que l'on mesure en milliers par décimètre carré sur les plus fins. Nos huit modèles sont des tapis de style persan, imprimés ou tissés en jacquard, avec un dos en toile, grainé ou antidérapant : le dessin est reproduit à l'identique d'un exemplaire à l'autre.
Combien coûte un tapis persan ?
Chez nous, de 119 € (Persépolis en 120 × 170) à 589 € (Ctésiphon en 200 × 300). Le format le plus courant, le 160 × 230, va de 209 € pour Hyrcanie à 379 € pour Ctésiphon. Ces prix incluent la livraison en France métropolitaine, en Belgique et en Suisse.
Existe-t-il un tapis persan ovale ?
Oui : Hyrcanie, dont tout le dessin suit la courbe du bord. Un ovale n'a pas d'angle, donc pas d'écoinçons : une couronne de fleurs continue fait le tour, et le médaillon lobé reste au centre. Il existe en six formats, du 120 × 170 au 200 × 300 cm, et se glisse là où un rectangle buterait contre un meuble, devant une cheminée ou au milieu d'une entrée.