Tapis design
Un profil tracé d'un seul trait, une fleur marine au cœur vide, un bord qui ondule : un tapis design se reconnaît à un dessin pensé pour sa surface entière. Ce dessin quitte aussi le salon, jusqu'aux tapis d'extérieur.
Un tapis design se dessine pour sa surface entière
Un tapis d'Orient se construit par répétition : un motif, une bordure, des écoinçons, et la même grammaire tient du petit format au très grand. Le tapis design part de l'autre bout. Son dessin est une composition, posée une seule fois sur toute la surface, à la manière d'une affiche : une figure, deux blocs, une courbe qui traverse. C'est ce qui sépare le profil de Vallauris, dessiné d'un trait d'encre, d'un médaillon de tapis persan, dont la grammaire reste la même d'un format à l'autre.
L'idée a un siècle. Dans les années 1920, Eileen Gray dessine pour ses intérieurs parisiens des tapis à motifs géométriques, tissés par Evelyn Wyld dans un atelier de la rue Visconti et vendus à la galerie Jean Désert, ouverte en 1922 ; le Victoria and Albert Museum conserve plusieurs de ses dessins préparatoires. Au Bauhaus, Gunta Stölzl vend son premier grand tapis lors de l'exposition de 1923. Depuis, le commerce emploie « design », « contemporain » et « moderne » à peu près l'un pour l'autre : un tapis dont le dessin vient d'un dessinateur plutôt que d'une tradition.
La différence a une conséquence très concrète au moment de choisir le format. Sur un motif répété, un format plus grand ajoute des motifs. Sur une composition, le tracé ne se répète pas : un grand Arles ne donne pas deux fois plus de courbes, il donne surtout plus de crème autour d'elles. Choisir le format, c'est donc choisir la place que la figure prendra dans la pièce, et vérifier qu'elle reste lisible une fois les meubles posés sur ses bords. Les règles de placement sont celles des tapis de salon ; l'Arpentage pose Arles à l'échelle de votre pièce, dans chacun de ses six formats.
Du ton sur ton à l'encre noire, le contraste fixe le rôle du tapis
Entre deux tapis design de même format, ce qui change le plus une pièce n'est ni la forme ni la couleur : c'est l'écart de clarté entre le dessin et le fond. Nous l'avons mesuré sur la photo prise à la verticale de chaque modèle, avec la formule de contraste que le W3C applique au texte sur un écran. Elle va de 1, pour deux teintes identiques, à 21, pour du noir sur du blanc.
Au-delà de 10, le tapis devient la pièce maîtresse. Arles pose un noir presque pur sur un crème ; Combray, une seule fleur marine sur de l'écru. Un salon n'en porte qu'un de cette intensité, avec un canapé uni et des murs calmes autour, et il suffit d'un coussin dans la teinte du trait pour que l'ensemble se tienne. Les tapis noir et blanc vont au bout de cette logique.
Entre 4 et 10, le dessin structure sans commander. Les blocs d'Anduze, sable, gris et deux carrés bruns, cohabitent avec un tableau ou un fauteuil coloré ; Ventoux trace ses arches d'un filet beige sur un charbon moucheté, assez sombre pour ancrer un sol pâle. C'est la zone la plus facile à vivre au salon, celle qui pardonne un canapé déjà affirmé. Pour accorder la teinte du tapis à celle du canapé, les nuances sont détaillées avec les tapis beiges.
Sous 4, le dessin devient une texture. Guéret n'a qu'une encre, un froment mat, et ne fabrique ses panneaux qu'en serrant ou en écartant ses traits ; Silvacane n'a même plus de second ton, seulement un relief. Ces tapis ont leur place là où la pièce forte est déjà ailleurs : un canapé en velours, une bibliothèque pleine, une cheminée en pierre.
Une forme découpée se pose comme un meuble bas
Quatre modèles quittent le rectangle. Sologne ondule sur tout son pourtour, et ses six bandes olive et crème recopient cette onde jusqu'à un dernier îlot vert, pincé à la taille. Silvacane fait la même chose en relief : des sillons larges d'un doigt creusés dans un poil d'une seule teinte, et un bord en bosses régulières qui continue le dessin. Malmaison s'arrête exactement où s'arrêtent ses trois corolles. Bréhat, enfin, est un ovale aux longs côtés droits, qui ne s'arrondit qu'aux extrémités. La collection n'a pas de cercle parfait : pour un tapis design rond, ce sont ces formes-là qu'il faut regarder.
Sur une forme découpée, le bord fait partie du dessin. Calée contre un mur ou glissée sous un canapé d'angle, elle perd justement ce qui la distingue d'un rectangle. Elle demande du sol nu tout autour, comme un fauteuil ou une table basse, et elle fonctionne le mieux sous un meuble qui ne la recouvre pas : une table ronde, un siège isolé, rien du tout au milieu d'une chambre. Dans une pièce faite d'angles droits, c'est souvent la seule ligne courbe, et c'est ce qui la fait regarder.
Le même goût du dessin, du damier au tapis de terrasse
La collection ne s'arrête pas aux compositions. Onze modèles sont faits pour le dehors, presque tous en polypropylène tissé à plat : les rubans ivoire de Cotignac sur un vert d'herbe, le labyrinthe en escalier d'Estérel, le feuillage d'Hyères. La tenue au soleil et à la pluie se discute avec les tapis d'extérieur ; parmi eux, Callian, un maillage de boucles ouvert, se pose dehors devant une porte d'entrée. Douze autres jouent le quadrillage, de l'échiquier de Cadouin aux deux noirs de Domme, et retrouvent leur famille parmi les tapis damier et les tapis géométriques. Trois n'ont pas de dessin du tout, mais un poil long marbré qui en tient lieu : ils sont aussi avec les tapis à poils longs.
À l'intérieur, tous nos tapis design sont en microfibre polyester, imprimée ou tuftée à la machine, et presque tous en poils ras, ce qui garde un trait net jusqu'au bord. Les gammes portent des noms de toucher, « effet cachemire » ou « velours de soie » : elles en donnent l'aspect, pas la fibre, et la composition exacte, l'envers et l'entretien figurent sur chaque fiche. En 160 × 230, les modèles d'intérieur vont de 109 à 1 069 €, et la moitié coûte 279 € ou moins. La plupart se déclinent en six tailles, la plus petite à 120 × 170, la plus grande à 200 × 300, le 160 × 230 se plaçant entre les deux. Une figure se juge mieux au sol qu'à l'écran : si elle vous paraît trop présente une fois déroulée, le tapis peut repartir dans les 14 jours et vous êtes remboursé en entier, le port du retour restant à votre charge ; l'aller, lui, est offert.
Avant de choisir dans la grille, plissez les yeux devant les vignettes : ce qui reste visible, c'est ce que vous verrez du tapis depuis la porte de la pièce.
Questions fréquentes
Quelle différence entre un tapis design, un tapis contemporain et un tapis moderne ?
Au sens strict, « contemporain » veut dire de notre époque, et « moderne » renvoie au mouvement moderne des années 1920 à 1960, celui du Bauhaus. Dans le commerce, les trois mots désignent le même type de tapis, dessiné plutôt qu'hérité d'une tradition, et ils mènent tous à cette collection.
Un tapis design est-il une mode qui passera ?
Ce qui date le plus vite, c'est un détail de l'époque : l'arche en arc-en-ciel, le bord ondulé, une couleur très marquée. Une composition en deux tons, sans effet de forme, traverse mieux les années. Si vous hésitez, gardez la forme découpée pour une chambre et le rectangle sobre pour le salon, la pièce que l'on refait le moins souvent.
Peut-on poser un tapis design avec des meubles anciens ?
Oui, et le contraste d'époque fonctionne souvent mieux qu'un ensemble assorti. Une commode en noyer ou un parquet en point de Hongrie supportent très bien un dessin graphique en deux tons ; évitez seulement de mettre un tapis à fort contraste sous des meubles déjà très ornés, qui se disputeraient le regard.
Combien coûte un tapis design ?
Dans cette collection, de 39 € pour Sanary, un tapis d'extérieur en 90 × 150, à 1 709 € pour Silvacane en 200 × 300. En intérieur, le premier prix est de 69 €, pour Carennac en 120 × 170 ; aucun frais de port ne s'y ajoute.